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Lundi 18 décembre 2006

Il est bien triste qu'un homme politique aussi important n'ait pas de déclaration à faire à l'annonce de la mort de Pinochet.

Merci M. Gérard Filoche d'avoir réagi et de ne pas avoir laissé un silence ambigü sur la plateau de Moati.





Pour marquer le coup, je vous propose donc deux oeuvres proposées par deux artistes, qui n'ont pas attendu le décès du général pour condamner ses actes... puisque apparement, c'est aux artistes de se saisir d'un espace de parole déserté par les politiques...


Il y a d'abord le court-métrage de Ken Loach réalisé en 2001 dans le cadre du projet du
producteur français
Alain Brigan. Le film réunit des réalisateurs du monde entier, afin d'avoir leur vision des évènements du 11 septembre 2001 à New York et Washington, chaque court métrage devant durer 11 minutes, 9 secondes, et 1 image (par allusion symbolique à la date du 11/09/01). L'objectif visé était de proposer une vision alternative multiple à la vision unique répétée en continu par les médias officiels.



 Ce court métrage met en scène un Chilien vivant en Angleterre, qui écrit une lettre où il se souvient d'un autre 11 septembre : le 11 septembre 1973. C'est ce jour que Salvador Allende, dirigeant socialiste du Chili, a été éliminé par la junte militaire menée par le général Augusto Pinochet soutenu par la CIA. Pour le réalisateur, ce 11 septembre était aussi un attentat contre une nation, et un attentat lancé par les États-Unis.


Et puis, il y a les paroles d'une chanson que Sting avait écrite en 1987, ému par ces veuves et ces orphelines qui se réunissaient régulièrement pour dancer sur les places du Chili en brandissant les photos de leurs hommes qui ont "disparu" sous le régime de Pinochet.




"They Dance Alone"

 


 

Why are there women here dancing on their own?
Why is there this sadness in their eyes?
Why are the soldiers here
Their faces fixed like stone?
I can't see what it is that they dispise
They're dancing with the missing
They're dancing with the dead
They dance with the invisible ones
Their anguish is unsaid
They're dancing with their
fathers
They're dancing with their sons
They're dancing with their husbands
They dance alone They dance alone

It's the only form of protest they're allowed
I've seen their silent faces scream so loud
If they were to speak these words they'd go missing too
Another woman on a torture table what else can they do
They're dancing with the missing
They're dancing with the dead
They dance with the invisible ones
Their anguish is unsaid
They're dancing with their fathers
They're dancing with their sons
They're dancing with their husbands
They dance alone They dance alone

One day we'll dance on their graves
One day we'll sing our freedom
One day we'll laugh in our joy
And we'll dance
One day we'll dance on their graves
One day we'll sing our freedom
One day we'll laugh in our joy
And we'll dance

Ellas danzan con los desaparecidos
Ellas danzan con los muertos
Ellas
danzan con amores invisibles
Ellas danzan con silenciosa angustia
Danzan con sus pardres
Danzan con sus hijos
Danzan con sus esposos
Ellas danzan solas
Danzan solas

Hey Mr. Pinochet
You've sown a bitter crop
It's foreign money that supports you
One day the money's going to stop
No wages for your torturers
No budget for your guns
Can you think of your own mother
Dancin' with her invisible son
They're dancing with the missing
They're dancing with the dead
They dance with the invisible ones
They're anguish is unsaid
They're dancing with their fathers
They're dancing with their sons
They're dancing with their husbands
They dance alone
They dance alone

 

  
Par Claire
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Mercredi 20 décembre 2006



L' Ile aux Fleurs
Ilha das Flores
Brésil, 1989
De Jorge Furtado
Scénario : Jorge Furtado
Avec Júlia Barth, Paulo José, Ciça Reckziegel
Durée : 12 min


En quinze ans, les douze minutes de L'Île aux Fleurs, dévastateur court métrage avant-gardiste de Jorge Furtado, n'ont pas pris une ride. Tous ceux qui l'ont vu (et bien souvent revu ad nauseam) le savent: en dévoiler les rouages serait le trahir et mettre à mal l'effet de surprise qui régit le film. Une seule chose à faire, alors: le visionner!

Vous serez sans doute surpris au début - il n'est pas immédiatement captivant et semble répétitif. Puis, tout devient cohérent.


Par Claire
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Vendredi 29 décembre 2006
Les fêtes de noël en famille, la Savoie, pas d'internet, trois jours...

Je ne croyais pas être droguée à ce point là! En rentrant, la première chose que je fais, après avoir embrassé mon mari et posé mes sacs en vrac dans le couloir, c'est me connecter au net, vérifier mes e-mails et visiter mes sites et mes blogs réguliers.

Et moi qui, il y a quelques jours à peine, me prélassant près du poêle, buvant une tisane dans un chalet perdu dans la montagne, m'offusquais de la dépendance à msn de mes cousins adolescents, et qui, saisie d'effroi, mesurais l'impact de ce nouveau monde virtuel et numérique sur les relations humaines des générations à venir! Me voilà moi-même prise au piège!

La politique a bon dos: je prétexte que j'utilise la toile non pas à des fins égoïstes, individualistes et gratte-nombril mais réellement altruistes. Ce n'est, en tous cas, pas l'impression de mon mari, qui parle à un dos, tourné vers l'écran de l'ordinateur.

Il faut peut être que je me soigne...



Par Claire
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Vendredi 29 décembre 2006



J'aurais du aller plus loin, demander à voir le directeur. Faute de courage, ou peut être simplement d'esprit sur le coup, je poste ici mon coup de gueule.

Départ pour 300 kilomètres: s'imposent certaines vérifications pour m'assurer un voyage en toute sécurité. Je réalise alors que mes pneus sont sous-gonflés. Je me remémore l'article jauni punaisé sur les murs des toilettes qui indique que "deux automobilistes sur trois roulent avec des pneus sous-gonflés" et qui relate les risques.

Pas d'affolement, il y a une station-essence à l'entrée de l'autoroute A7, au péage Avignon-nord. Confiante, je me mets en route.

Première déception: les tuyaux ont été retirés, "à cause du gel" nous indique le pompiste.

C'est pas grave. Nous nous arrêterons sur la première aire d'auto-route.

Mine de rien, je suis un peu inquiète durant mes 30 premiers kilomètres à 130 avec des pneus sous-gonflés. Allez, ça va aller: la prochaine aire est à 2000 mètres maintenant, m'informe le panneau.

Avec soulagement, je quitte l'autoroute. Une énorme statione-ssence ESSO propose tout ce qu'il faut pour les automobilistes fatigués par des heures de voyage: carburant, café et boissons, bonbons, magazines, nougats, miel, lunettes de soleil... et pourtant, l'un des indispensables manque. Les tuyaux de la station de gonflage, ici encore, ont été retirés.

Cette fois, c'en est trop, je lance un peu fort, pour que tous les clients entendent: "Impossible de regonfler mes pneus? Vous savez que vous mettez là ma vie en danger?" Le pauvre caissier, cramoisi, balbutie un "désolé" étouffé.

Je me remets en route, hors de moi.

La station Carrefour sur l'aire suivante finira par me proposer un gonflage gratuit de mes pneus. J'ai déjà parcouru plus de 60 km, mes pneus sont à chaud, toujours sous-gonflés et je suis moi par contre gonflée à bloc. J'aurais du demander à voir le directeur. J'aurais du menacer d'écrire une lettre pour faire part de mon boycott, dorénavant. Remarque, je peux toujours le faire!

Ce qui serait bien, c'est qu'on soit nombreux à systématiser ces réactions, à chaque fois.

Pour ma part, c'est parti! Je vais pour une fois faire ce que je dis: je prends un stylo et une feuille de papier...



Par Claire
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Vendredi 29 décembre 2006
J'ai lu dans le dernier Marianne dans la rubrique "Coups de projecteurs" une petite brève qui me semble digne d'être diffusée (1). J'en reproduis donc une partie ici.

On a souvent tendance à considérer le journal Le Monde comme une référence. Il faut pourtant toujours être prudent et ne pas hésiter à vérifier, à confronter les informations avec d'autres sources.

C'est ce que Marianne a fait, après lecture d'un sondage SOFRES publié dans Le Monde:

"Notre confrère Le Monde remet ça: 26% des Français, selon la SOFRES, se disent plutôt, ou tout à fait en accord avec les idées défendues par Le Pen, contre 28% en 1990, 28% en 2002, et 32% en 1991. Qu'en déduit bizarrement, Le Monde? Que les idées d'extrême droite progressent considérablement."

Je pourrais m'arrêter là. Je vous ai fait parvenir, comme promis, l'information qui me semblait importante. Pourtant, j'ai envie d'émettre une réserve, valable pour Marianne mais aussi pour tous les autres médias actuels. Déformation professionnelle peut être (2), je ne sais pas écrire sans citer mes sources et suis toujours suspicieuse vis à vis d'un journalisme qui asserte sans permettre au lecteur de vérifier ou d'approfondir. Marianne est aussi de ceux là puisqu'elle critique l'article d'un confrère sans en donner les références. Je suis donc partie à la recherche de ce fameux article du Monde et je l'ai trouvé! (3)

Le Monde titrait "La banalisation des idées de M. Le Pen le fait progresser" et déclarait que "l'adhésion globale aux idées défendues par Jean-Marie Le Pen se confirme et progresse : elle atteint 26 %, soit son niveau le plus élevé depuis dix ans, exception faite de mai 2002 (28 %)."

Effectivement, il y a un léger hiatus entre la thèse et l'argument.

Merci donc, Marianne pour cette information. Mais serait-il possible, un jour, d'avoir un journalisme qui calque l'excellent système universitaire et qui n'avance rien sans permettre à tout un chacun d'en vérifier la véracité?  Ne serait-ce pas là un moyen de mettre fin à un dogmatisme médiatique et de faire émerger une nouvelle forme de démocratie et d'accès à l'information?


Notes et références


(1) Marianne, N° 505-50623 décembre 2006 au 5 janvier 2007, p. 6.
(2) J'ai soutenu un mémoire de DEA sur l'influence de la presse écrite américaine (et en particulier du National Geographic) sur la population états-unienne en démontrant qu'elle est un vecteur idéologique épatant qui se présente comme une source sûre et objective tout en imposant un point de vue partisan. Il suffit de choisir l'information qu'on veut mettre en avant, d'en ignorer une autre qui pourrait contredire la thèse initiale, de jouer de la sémantique, ... J'illustrais ainsi une thèse défendue par Noam Chomsky qui accuse les médias de "fabriquer l'opinion publique."
(2) Le Monde, "La banalisation des idées de M. Le Pen le fait progresser", 14 décembre 2007, trouvé sur le web:
 http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-845588@51-823442,0.html

Par Claire
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Vendredi 29 décembre 2006


Je regrette la décision du Haut tribunal pénal irakien et l'application la nuit dernière, de sa peine. Cela ne signifie pas, évidemment, que je soutenais le dictateur. Je veux simplement réaffirmer mon indignation face à une sentence qui m'apparaît inhumaine et mettre ses instigateurs face à leurs contradictions. Victor Hugo, il y a plus d'un siècle, mettait en exergue l'absurdité d'un tel châtiment: « Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant ! » Il me semble que cette citation vaut tous les argumentaires du monde.


Les sites de quelques associations qui luttent contre la peine de mort dans le monde:
http://www.amnesty.fr/
http://www.fidh.org/_nouveautes.php3
http://www.abolition.fr/ecpm/index.php

Par Claire
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Samedi 30 décembre 2006
Notre campagne d'incitation aux inscriptions sur liste électorales s'achève aujourd'hui. Il reste quelques heures avant la fermeture des mairies...



Téléphonez, vérifiez que vous êtes bien inscrits et sinon, empressez-vous de vous y rendre, avec une pièce d'identité et un justificatif de domicile!

Par Claire
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Dimanche 31 décembre 2006

L'année 2006 s'achève dans quelques heures. Il est donc temps de dresser le bilan. Yahoo a repertorié les mots-clefs les plus fréquemment entrés. Voici donc une liste des vingt événements qui ont fait état de recherches récurrentes par les Français cette année:


Le sport (football, cyclisme, formule 1) reste évidemment toujours bien placé, particulièrement lors d'une année de coupe du monde. La culture s'impose aussi de manière notable: 2006 a en effet été marquée par les 250 ans de Mozart, l'inauguration du quai Branly, la disparition du grand Bernard Rapp puis du génial Raymond Devos. Les événements médiatiques, telles la grippe aviaire, la sordide affaire Clearstream ou l'effroyable histoire de Natascha Kampusch, logiquement, se retrouvent aussi dans la liste. La politique, enfin, tient une place importante dans ce classement.


On n'est pas vraiment étonné. Depuis quelques années (et notamment avec le débat sur le Traité Constitutionnel Européen), les Français semblent vouloir se réapproprier la politique. C'était jusque là surtout à travers la contestation que les citoyens s'exprimaient mais ce n'était que le début d'une nouvelle ère démocratique, ses balbutiements, sa période adolescente. On assiste maintenant à une maturation des comportements depuis le début de la campagne présidentielle à travers, par exemple, l'emergence d'associations ou de citoyens qui imposent aux candidats les thèmes des élections (les enfants de Don Quichotte, Nicolas Hulot, ...).


Tel un être en construction, qui passe par plusieurs étapes, l'élan vers une démocratie plus juste se forme, l'esprit citoyen se répand.


2006 aura porté en son sein l'un des symboles forts de sa période adolescente, celle de la résistance citoyenne à une classe politique autocrate, celle de la réalisation du pouvoir des citoyens: la lutte contre le CPE, qui arrive en troisième position.


Je ne résiste pas à vous faire passer une vidéo que je trouve excellente et qui retrace le (très) long parcours vers son retrait. Le début d'un éveil. Le point de départ. Vers un ordre plus juste.



Par Claire
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Dimanche 31 décembre 2006
Comme je suis curieuse, je surfe un peu sur tous les sites. Aujourd'hui, je me connecte sur celui de l'UMP (1). La page d'accueil a été modifiée et je tombe sur ceci: "VOTE POUR LE SOUTIEN AU CANDIDAT DE L'UMP A L'ELECTION PRESIDENTIELLE DE 2007."



C'est étrange, il me semble pourtant que le dépôt des candidatures à l'UMP est clôs depuis midi et que Nicolas Sarkozy sera l'unique prétendant.

Je clique pour avoir plus d'informations et voici ce que je trouve (2):

"Votez pour soutenir votre candidat UMP à l'élection présidentielle!
Les adhérents sont appelés à voter à partir du 2 janvier 2007 pour exprimer leur choix sur le candidat qui sera soutenu par l’UMP pour l’élection à la présidence de la République. Depuis son élection à la présidence de l’UMP, Nicolas SARKOZY a souhaité en faire un grand mouvement populaire, ouvert et démocratique. C’est pourquoi il a voulu que chaque adhérent puisse s’exprimer et soit associé à l’ensemble des grandes décisions et des choix qui engagent l’UMP.

Les adhérents sont appelé à voter à partir du 2 janvier 2007 pour exprimer leur choix sur le candidat qui sera soutenu par l’UMP pour l’élection à la présidence de la République.

Ce scrutin est extrêmement important pour notre famille politique car il marquera le début de notre campagne présidentielle.

La participation de tous est déterminante pour assurer une véritable dynamique autour de notre candidat(e) dès le Congrès du 14 janvier qui clôturera le vote.

COMMENT VOTER ?

Ce scrutin est réservé aux adhérents de l’UMP et il est uniquement électronique.[...]"


Quelle masquarade! Quel simulacre! Prôner le pluralisme, l'élection, la "participation", le "grand mouvement populaire, ouvert et démocratique" quand l'UMP est presque devenue une autocratie!

D'ailleurs, rien n'a autorisé l'émergence d'autres candidats! Prenez les trois forums organisés. Ils ont eu la prétention d'être des débats entre les différents postulants. L'image qui reste (celle qui laisse une trace indélébile dans les esprits), c'est celle de Sarkozy, seul à un pupitre quand les autres malheureux candidats, en rang d'oignons, se partageaient une table. On avait déjà là compris le message, merci!



Décidement, on a une drôle de conception de la démocratie à l'UMP!


Notes et commentaires:

(1) http://www.u-m-p.org/
(2) http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/actualites/
votez_pour_soutenir_votre_candidat_ump_a_l_election_presidentielle


Par Claire
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Lundi 1 janvier 2007

Très bonne et heureuse année à tous pour 2007... Que celle-ci marque un changement positif, une alternative bénéfique, une alternance profitable à chacun d'entre nous.


Une chose est sûre, cette année, nous avons notre futur proche entre les mains. Nous votons quatre fois (présidentielles et législatives). A nous de prendre les rênes, de nous impliquer et de mettre la politique à notre goût, d'en faire ce que nous souhaitons.


Pour cela, votons, évidemment mais surtout, militons, agissons, investissons nous: c'est le nombre qui fera changer les choses.

 

Par Claire
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