Mardi 30 octobre 2007
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A la recherche de tranquilisants...
Essaie d'écrire au lieu de renâcler. Tu sais, écrire, ça sert souvent de catharsis. Cest toi qui dit ça, tout l'temps.
Un mois que je n'ai rien écrit. Et encore... ça n'était pas un article de fond, simplement un peu de pub pour des artistes que j'estime.
Le manque de temps joue sans doute. Des grosses semaines au boulot et puis des journées que ma grossesse rend courtes, me forçant à me coucher à des heures
absurdes. 21h. Imaginez-vous. J'ai depuis plusieurs semaines, à nouveau dix ans!
Mais j'ai eu quelques week-end et puis surtout, des sujets en tête, des idées. Alors, pourquoi ne pas l'avoir trouvé ce temps pour exercer cette
tendre passion qu'est l'écriture?
Tisanes au tilleul et au miel.
Hier soir, je ré-ouvre le livret du CD "femme piano" de Barbara et tombe sur cette phrase si juste: "Il est important d'être un homme ou une femme en colère;
le jour où nous quitte la colère, ou le désir, c'est cuit."
Ceux qui me connaissent depuis toujours le savent. Je suis une femme en colère. Ceux qui me supportent en ce moment, débordant d'hormones de grossesse, et
qui subissent mes sautes d'humeur peuvent le déplorer. Je suis une femme en colère.
Et pourtant, cette fois, elle ne me sert pas cette "saine" colère. Au contraire. Elle m'inhibe. Je gribouille. Je rature. J'efface et recommence. Rien ne va.
Ni ce que je veux dire, ni la façon dont je veux le dire. Avant, c'était facile mais là, tout se complique.
Peut être parce que tout devient insupportable. Peut être parce que je suis moins capable de tout supporter.
En tous cas, c'est pas facile, je vous le dis, moi.
Un bon bain moussant, lumières tamisées, du luth et le timbre singulier d'Alfred Deller.
Y a eu cette AG MJS hallucinante où nous étaient révélés les noms des délégués qui partiraient au Congrès de Bordeaux à la fin de la semaine. Parmi les heureux élus, des adhérents que nous
n'avons vus que lors des votes pour pérenniser la descendance TAG dans les différentes instances. Des abonnés absents aux AGs. Une bonne bande de potes, au bout du compte. Et pas la secrétaire
générale qui est toujours là, à toutes les réunions, sur toutes les actions et qui a une résolution (p. 34) à défendre
au Congrès quand certains délégués n'ont jamais rédigé une ligne...
Je souhaite ici d'ailleurs remercier mon organisation qui fait preuve d'une bienveillance sans pareille. "Le trajet est long. Ca va fumer, là-bas. Et toi, enceinte... On s'est dit que..."
Délirant. Et puis, "t'es affiliée SDJ"...
Et voilà, je tachycharde, mon souffle s'accélère... et je ne suis pas convaincante. Laissons tomber, une fois de plus.
Combinaison de fleurs de Bach nr 3 "grossesse."
Et cette France dirigée par les passions. Sans aucun équilibre, sans aucune réflexion. Une lettre émouvante et éminement personnelle et privée qui sera lue à des milliers de lycéens
chaque année, parce que... ben... au printemps dernier, le président l'a édicté. Des Circonstances agravantes pour les propriétaires de chiens responsables d'homicides involontaires
et cela, décrété par un chef d'état ému (comment ne pas l'être?) devant la douleur d'une famile endeuillée. Deux exemples parmi tant d'autres pour ce mois
d'octobre riche en décision hâtives et souvent controversées.
Comme si tout se décidait comme ça, sur un coup de tête.
Et le CPE de mon établissement d'expliquer à des élèves préférant la loi du talion, appliquée par les grands frères venus en renfort, qu'il y a un système qu'il faut respecter, une hiérarchie
qui, grâce au temps et aux intermédiaires, sert de tampon et qu'il y a des procédures à suivre.
"Ben oui, mais le président, lui..."
Cure de magnésium.
Et puis ce ****** de Mistral qui souffle à vous rendre dingue.
Une dose de théralène et une de miolastant.
Et que dire du reportage à succès sur l'école: "Un Grand Corps Malade"?
Vendredi soir, début des vacances de Toussaint. Mais on en a jamais assez. Une VHS, une couette et une copine collègue et c'est parti. "Tout le monde en a dit beaucoup de bien, on va bien
voir..."
Là, cette fois, c'était de la colère contre moi-même et mes incohérences. Prête à applaudir des deux mains un discours tronqué, parfois fallacieux, caricatural tant qu'il défend des thèses
auxquelles j'adhère (Michael Moore et son Sicko ont reçu toutes mes faveurs) mais hurlant au scandale, à la machination quand la thèse étayée va à l'encontre de celle que je crois juste.
Les propos de Mérieu et Bentolila détraqués, ceux de Brighelli sous les projecteurs sans qu'aucun contradicteur puisse défendre un autre point de vue. Une vision déconnectée. Une émission
démagogique. Une soirée de plus à serrer les poings et les dents.
Ben finalement, un ou deux lexomil.
Mais même ça, ça n'a pas l'air de calmer.
Heureusement, c'est les vacances! Et puis... plus que six mois de grossesse. Enfin, si on veut être franc... plus que quatre ans et demi avant les éléctions
J'ai trouvé la lettre de l'élève de 4ème sur ton site et voulais en faire profiter mes visiteurs:
"Ma chère Maman,
Moi aussi j'ai vu mes notes, je suis écoeuré, j'en ai plein le dot, qaund on en est venu au point de travailler 2 h sans arrêt pendant une étude pour récolter un 1 à un devoir d'algèbre que l'on croillait bon il y a de quoi être découragé, aussi ais-je tout laché pour réviser mes examens et mon 4 en application explique sûrement la révision de mon examen de géologie pendant mon cour de math,
Je ne suis pas assez intelligent et travailleur pour continuer mes études? Ca ne m'interesse pas, j'attrape mal au crane à rester enfermer dans la paperasse, je ne comprend rien à l'anglais, à l'algèbre, je suis nule en orthographe, que reste-t-il ?"
Qui a écrit ces lignes?
...
Le même que celui qui aujourd'hui vient de recevoir le prix du jury de Renaudot pour son "chagrin d 'école."
Et puis, merci aussi pour le Martine (http://educpol.over-blog.com/article-13550096.html). J'ai enfin souri ;-)
Claire, j'ai lu avec incompréhension vos lignes sur le documentaire "Education Nationale: Un grand corps malade". Vous écrivez:
" Les propos de Mérieu et Bentolila détraqués, ceux de Brighelli sous les projecteurs sans qu'aucun contradicteur puisse défendre un autre point de vue. Une vision déconnectée. Une émission démagogique."
Vous êtes professeur d'anglais si j'ai bien compris. Ne voyez-vous pas tous les jours les dégâts engendrés par trente ans de réforme pédagogiste? Le discours boursouflé de Meirieu (ça s'écrit comme ça d'ailleurs, pas *Mérieu) vous séduit-il? Et pourquoi? Seulement parce qu'il est encarté à gauche? Sortez donc de vos engoncements partisans! (Au fait, pour désamorcer tout argument fallacieux, je ne suis pas un suppôt de l'UMP, et ai une sensibilité plutôt de gauche, sans souscrire aux diktats du PS, parti politique à la dérive aujourd'hui)
Votre discours est typique des socialistes: ne jamais se remettre en question. Oui, la loi d'orientation de 1989 a été une catastrophe, oui les IUFM sont des fabriques à crétins (d'abord les professeurs, ensuite les élèves), oui notre école est en ruine. Le constat est là. Visible partout, il suffit d'ouvrir l'oeil, et de se débarasser des oeillères partisanes.
"Maintenant, que fait-on?", that is the question. Rester coincé dans le cocon de ses idéologies, au gré de la réalité qui gronde, dehors, ou prendre des mesures essentielles, pour nous, pour les générations à venir, et revenir à une véritable instruction (aux oubliettes le constructivisme, l'élève au centre, le cognitivisme etc.).
pour John :
http://educpol.over-blog.com/article-13640924.html
Ouvrir l'oeil, c'est aussi faire preuve d'esprit critique et ne pas se laisser abuser par des discours ambiants fondés sur la caricature.
Vous parlez de 30 ans de "réformes pédagogistes".
Je n'aime pas du tout cet adjectif "pédagogiste", mais passons là-dessus.
Que voit-on dans les établissements scolaires au niveau des pratiques ? A quel pourcentage de cours estimés ceux qui sont inspirés par les travaux des "pédagogues" ? Ils restent très très largement minoritaires. On ne peut accuser ces pratiques de tel ou tel échec quand les méthodes traditionnelles sont -et de loin- les plus usitées.
"Nos travaux n'ont pas été appliqués, c'est toujours les vieilles méthodes": argument archi-faux, les pédagogos ont tout d'abord phagocyté l'Education Nationale et ont été les éminences grises de nombre Ministre de l'EducNat (Jospin, Allègre et j'en passe) qui se sont tous inclinés devant le newspeak pseudo-scientifique de ces 'chercheurs en sciences de l'éducation' (sic). Le collège unique, la loi d'orientation de 1989, la lecture globale, la création des IUFM, l'enseignement dispensé dans ces mêmes IUFM (il faudrait que vous y alliez un de ces jours Lofi, histoire de savoir de quoi vous parlez), tout cela porte le sceau des pédagogos. Et je ne rentrerai pas dans l'analyse de l'idéologie nauséabonde de Meirieu concernant les maîtres (qu'il déteste, c'est évident, puisqu'il les décrit constamment comme des monstres qui souhaitent déshumaniser leurs élèves, qui sont eux, la bonté incarnée - je vous renvoie à n'importe quel bouquin de Meirieu sur ce sujet).
PS. Pourquoi 'pédagogistes' ou 'pédagogo' et pas 'pédagogues'? Tout simplement parce que certains 'chercheurs' se sont approprié ce terme de 'pédagogie', à l'origine totalement neutre, niant ainsi toute autre forme de pédagogie que la leur. En effet, on ne peut pas être 'contre la pédagogie', cela n'a aucun sens. Confisquer ce terme est la preuve (si l'on en avait besoin) de leur intolérance face à la contradiction et leur volonté de régenter l'ensemble du monde éducatif. Confisquer le discours d'autrui est également une des formes du totalitarisme. J'espère que vous comprenez.
Cher John,
Je suis effaré de constater autant de dogmatisme et de populisme dans tes propos. D’abord, un chercheur ne peut s’approprier quoi que ce soit. Je suis chercheur en science, et ce n’est pas pour autant que j’estime que la science m’appartient ou appartient à qui que ce soit. Un chercheur (et cela est valable pour un chercheur en science de l’éducation) est toujours prêt à débattre de ces théories de ces travaux. Ce qu’il fait d’ailleurs en permanence avec ces collègues, en congrès en séminaire etc… Un chercheur ne peut par contre, hélas, rien face au dogmatisme. Et ici, Claire s’est permis de citer un des plus "fort" dans le domaine, j’ai cité le non scientifique (ces propos ne sont qu’un ramassis de discussion de comptoir pour parent en colère), M. Brighelli.
Je suis contre le collège unique, je suis pour une grande réforme de l’éducation Nationale. Cependant, ce n’est pas en stigmatisant le système tel que certains auteurs le font que les choses pourront évoluer. Oui, certainement nos grands parents et arrière grands parents écrivaient mieux que nous (en moyenne), mais combien étaient ils à savoir écrire, réfléchir, se faire le propre opinion. Nous sommes depuis quelques décennies confrontés à un nouveau système scolaire, un système scolaire de masse, à une scolarisation de plus en plus précoce des enfants… Et je m’attarde sur ce point- de nombreux linguiste font remarquer que les problèmes d’écriture, de langage (etc...) ne sont que rarement liés à l’enseignement en CP, mais bel et bien à ce qui se passe avant, au cours de la petite enfance. Nous n’apprenons pas à parler lorsque nous sortons notre premier mot, mais bien avant, de même notre esprit ne se structure pas à partir de notre entrée en CP ou en 6ème, mais bel et bien dès la naissance (avant même). Que dire dans ce cas des écoles maternelles avec des classes à 35-40 avec des instits non spécialisés dans la petite enfance… une grande réforme de l’éducation nationale passe bien évidemment avant toute chose par développer un service publique efficace et adapté de la petite enfance.
Par ailleurs, parlons maintenant de vos pseudo-fondamentaux… Quand les élèves du secondaire arrivent à la fac, et que moi et mes collègues les récupérons, les problèmes que nous rencontrons n’est en aucun cas lié à l'orthographe (ils ne sont pas bon en moyenne certes, mais je ne le suis pas non plus), ce n’est pas non plus un problème de connaissance (ils maîtrisent souvent mieux que nous leurs théorèmes, règles de calcul et de grammaire, histoire, connaissance générale etc…) Non, le problème que nous rencontrons, c’est qu’ils sont incapables de transférer des connaissances d’une matière à une autre, ils sont incapable de lire correctement un énoncé, ils ont un cerveau bloqué en mode : « prêt à recevoir du savoir, mais pas capable de le créer eux même, en gros : on est prêt à prendre des notes mais ne nous demandez pas de réfléchir »… Bref, ils ont été bridé par un système à mon gout trop archaïque et qui, si il doit évoluer comme certain le préconise (la bande à Brighelli) ne va pas arranger le compte de nos moutons. Il faut faire en sorte que notre système permette : d’apprendre à apprendre, d’apprendre à réfléchir et ne se contente de dicter ce que chacun est censé savoir pour rentrer dans une norme scolaire à la Française (nous serions d'ailleurs le seul pays en Europe à faire un tel retour en arrière sur les méthodes d'enseignements).
Cyril
John, pourquoi tant de haine ?
J'y ai travaillé pendant quatre ans (j'ai stoppé il y a deux ans). J'imagine votre sourire sarcsatique à ala leture de cette phrase.
On m'a demandé d'y postuler parce que j'avais un longue expérience des ZEP (quand je lis que les formateurs sont déconnectés du terrain, je me permets d'émetter des doutes à la lecture d ema propre expérience). D'autant plus que je n'ai jamais abandonné le "terrain" , je n'avais qu'une décharge de 6 heure spourl'iufm et 80 % des formateurs que j'ai cotoyé revendiquaient comme moi cette nécessité.
Tout n'y est aps rose évidemment, je peux faire de nombreuses critques (ni plus, ni moins que pour n'importe quel organisme) MAIS j'ai pu vérifier que les accusations généralement portées (et que vous reprenez) ne sont pas fondées. Formatage à un seul discours ? Il y avait autant de formateurs qui préconisaient la lecture de Brighelli que ceux qui citaient meirieu - ce qui déboussolait d'ailleurs mes stagiaires (à qui je répondais que c'était au contraire une richesse dans leur formation / à eux de faire la synthèse ou leurs choix)
Cette formation n'est aps aussi rejetée par les stagiaires que quelques uns veulent faire croire. Par contre elle est souvent en-dessous de leurs attentes tant celles-ci sont grandes. Je tiens à votre disposition les témoignages de mes anciens stagiaires.
Une catégorie infime (celle qui se plaint dans les blogs et dans les médais) la rejette : ce sont les jeunes collègues qui tout imbus de leurs savoirs disciplinaires pensent ne rien à avoir apprendre pour enseigner. (j'en ai rencontré deux en quatre ans)
Si j'ai repris mon temps plein dans mon collège, c'st pour souffler car êter formateur de jeunes collègues je peux vous assurer que c'est très prenant (si on veut faire correctement son boulot / évidemment comme dnas tout corps de métier on peut trouver une minorité qui ne le fait pas, mais de grâce ne généralisez pas !). Le discours sur le formateur planqué, j'ai un peu de mal à l'accepter aussi.
Bref, vous voyez, je sais de quoi je parle. Seulement, plutôt que d'accepter les caricatures, j'ai accepté de m'y coller. J'ai vu que ce n'était pas facile (impossible de satisfaire tout le monde notamment ceux qui -par principe- rejette toute idée de formation)