On ré-ouvre le débat...
Notre dernière Assemblée Générale au MJS a sans doute été l'une des plus enrichissantes depuis mon adhésion. Nous avons discuté le texte
d'orientation proposé par le Bureau National et amendé les parties qui nous posaient problème.
L'un des débats les plus houleux était peut être question de sémantique mais avait à nos yeux une charge idéologique essentielle. Alors,
nous avons bataillé dur, nous avons discuté, raisonné, questionné pendant presque trois quart d'heure... pour perdre lors du vote.
Peu importe, ça nous a, nous, conforté sur notre position et ça a permis à chacun des militants présents (ou au moins à la plupart, à ceux qui ne sont pas là pour voter avec le courant
majoritaire comme certaines tristes victimes du réflexe pavlovien) de construire un débat argumenté. Après tout, c'est ça le rôle d'éducation populaire que s'est assigné le
MJS.
Voici ce que dit le texte d'orientation:
"Trop souvent le combat de l'égalité est considéré comme archaïque. Aujourd'hui, certains à droite
affirment qu'il faudrait se tourner vers l'égalité des chances, c'est à dire se contenter de faire
en sorte que les chances soient égales sur la ligne de départ, peu importe la violence de la compétition pour peu que la fiction du mérite serve à se donner bonne conscience." A cela, le texte
lui préfère le terme "égalité d'autonomie" [...] "qui fait de l'égalité des droits un préalable, de la concrétaisation de ceux-ci un souci permanent, de
l'égalisation des conditions de vie une préoccupation essentielle."
L'égalité des droits résonne dans ma tête comme le grand truc du moment, le "droit opposable" qui, outre le côté symbolique important,
ne résoud en rien les problèmes existants. Et "l'égalisation des conditions de vie" s'apparente, selon moi, à l'égalitarisme, dans son côté naïf ou, pire, dictatorial.
Peut être, comme le disais-je précédement, tout n'est que sémantique, et que le malentendu vient simplement de la définition que chacun
avait des deux notions (puisque au final, nous étions en parfait accord avec la suite du texte, les constats et les propositions) mais il me semblait important de réaffirmer que la notion
d'égalité des chances n'est en aucun cas l'appanage de la droite et que c'est là justement l'un des enjeux du
socialisme...
Je vous laisse lire comment mon Doud a, lui, argumenté sur son
blog et le rejoins complètement sur le sens que John Rawls donne à cette notion qu'on ne peut pas abandonner à l'UMP qui n'essaie en rien de pallier les différences hélas inhérentes à notre
société.
Récemment choqué d’avoir été confronté au cours d’une réunion de jeunes socialistes, à une majorité refusant de placer « l’égalité des chances » comme
axe prioritaire du dogme socialiste, je me permets donc de vous apporter quelques détails sur cette notion.
L’égalité des chances, c’est une exigence qui veut que le statut social des individus d’une génération ne dépende plus des caractéristiques morales,
ethniques, religieuses et sociales des générations précédentes.
C'est cette vision de l'égalité des chances qui constitue l'un des fondements de la théorie de la justice de John Rawls (Philosophe Américain) : « en
supposant qu'il y a une répartition des atouts naturels, ceux qui sont au même niveau de talent et de capacité et qui ont le même désir de les utiliser devraient avoir les mêmes perspectives de
succès, ceci sans tenir compte de leur position initiale dans le système social. » L’égalité des chances n’est donc pas non plus à confondre avec « l’égalitarisme ».
Il ne s'agit pas seulement d'une égalité de droit, garantie par la loi, mais d'une égalité de fait : le système scolaire doit ainsi permettre à un enfant
issu d'une classe défavorisée d'accéder à une carrière adaptée à ses capacités.
J'aimerais donc que ces "cadres" du MJS prennent le temps d'y réfléchir ou de m'expliquer en quoi la notion -d'égalité des chances- est incompatible avec
leur vision du socialisme...
Et vous? Quelle est votre définition du terme "égalité des chances." Doit-il être supplanté par celui d'"égalité des droits?"
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