Dimanche 9 septembre 2007
La politique et le sport, même combat?
Nous avons fait comme nos 14 million de compatriotes vendredi dernier: l'écran vert, bleu et blanc affichait le petit logo TF1 et nous avons regardé (d'un
oeil distrait, je vous le concède) les trente rugbymen s'entrechoquer pendant quatre-vingt minutes, se demandant comment les résultats influeraient sur le moral des Français, donc (on nous
l'annonce comme une évidence) sur la croissance du pays et donc (tout se tient) sur la côte de popularité de notre président.
Il est 22h30. Le score est définitif. Le XV de France s'incline face à l'Argentine, 12 à 17.
Dimanche matin. Télérugby sur TF1. Des images inédites sont diffusées, deux jours seulement après le match. Grâce à Bernard Laporte, on saura tout, on les verra, tout le temps, partout, nos héros
qui tiennent entre leurs mains une rentrée politique prospère. On a fouttu des caméras jusque dans les vestiaires et les Français pourront, peut être jusqu'à l'overdose, suivre les joueurs durant
toute la période de la coupe du monde. Ca nous change de Aymée Jaquet en 1998. C'était rude, à l'époque car ce ringard mettait tout en oeuvre pour protéger notre grande équipe de football de la
surexposition médiatique. L'imbécile. Clairefontaine ressemblait à une forteresse imprenable, au bureau du grand-père dont la porte d'entrée est fermée à double-tour, enserrant ses secrets. Il
nous a privé de vives émotions, ce vieux conservateur, et il nous a empêché de vivre pleinement la coupe du monde. Là au moins, on est vernis!
Remarque... ils ont fini par gagner, nos bleus.
Alors peut être que finalement, ça joue ça. Et peut être qu'il est temps, pour Bernard Laporte, de tirer quelques leçons. Revoir ses fréquentations qui lui donnent sans doute de mauvais conseils.
Car si en politique (on peut le déplorer mais force est de le constater), l'omniprésence médiatique et l'image ubiquiste influent directement sur le choix des électeurs ou sur leurs perceptions,
le sport a encore cet atout: le champion du monde ne sera pas désigné par les spectateurs et la simple sur-exposition ne suffira pas à faire du XV de France la meilleure équipe au monde.
La loi du terrain est parfois plus exigeante que celle du suffrage universel. (C'est navrant de faire ce constat, non?)
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