A la recherche de tranquilisants...
Essaie d'écrire au lieu de renâcler. Tu sais, écrire, ça sert souvent de catharsis. Cest toi qui dit ça, tout l'temps.
Un mois que je n'ai rien écrit. Et encore... ça n'était pas un article de fond, simplement un peu de pub pour des artistes que j'estime.
Le manque de temps joue sans doute. Des grosses semaines au boulot et puis des journées que ma grossesse rend courtes, me forçant à me coucher à des heures
absurdes. 21h. Imaginez-vous. J'ai depuis plusieurs semaines, à nouveau dix ans!
Mais j'ai eu quelques week-end et puis surtout, des sujets en tête, des idées. Alors, pourquoi ne pas l'avoir trouvé ce temps pour exercer cette
tendre passion qu'est l'écriture?
Tisanes au tilleul et au miel.
Hier soir, je ré-ouvre le livret du CD "femme piano" de Barbara et tombe sur cette phrase si juste: "Il est important d'être un homme ou une femme en colère;
le jour où nous quitte la colère, ou le désir, c'est cuit."
Ceux qui me connaissent depuis toujours le savent. Je suis une femme en colère. Ceux qui me supportent en ce moment, débordant d'hormones de grossesse, et
qui subissent mes sautes d'humeur peuvent le déplorer. Je suis une femme en colère.
Et pourtant, cette fois, elle ne me sert pas cette "saine" colère. Au contraire. Elle m'inhibe. Je gribouille. Je rature. J'efface et recommence. Rien ne va.
Ni ce que je veux dire, ni la façon dont je veux le dire. Avant, c'était facile mais là, tout se complique.
Peut être parce que tout devient insupportable. Peut être parce que je suis moins capable de tout supporter.
En tous cas, c'est pas facile, je vous le dis, moi.
Un bon bain moussant, lumières tamisées, du luth et le timbre singulier d'Alfred Deller.
Y a eu cette AG MJS hallucinante où nous étaient révélés les noms des délégués qui partiraient au Congrès de Bordeaux à la fin de la semaine. Parmi les heureux élus, des adhérents que nous
n'avons vus que lors des votes pour pérenniser la descendance TAG dans les différentes instances. Des abonnés absents aux AGs. Une bonne bande de potes, au bout du compte. Et pas la secrétaire
générale qui est toujours là, à toutes les réunions, sur toutes les actions et qui a une résolution (p. 34) à défendre
au Congrès quand certains délégués n'ont jamais rédigé une ligne...
Je souhaite ici d'ailleurs remercier mon organisation qui fait preuve d'une bienveillance sans pareille. "Le trajet est long. Ca va fumer, là-bas. Et toi, enceinte... On s'est dit que..."
Délirant. Et puis, "t'es affiliée SDJ"...
Et voilà, je tachycharde, mon souffle s'accélère... et je ne suis pas convaincante. Laissons tomber, une fois de plus.
Combinaison de fleurs de Bach nr 3 "grossesse."
Et cette France dirigée par les passions. Sans aucun équilibre, sans aucune réflexion. Une lettre émouvante et éminement personnelle et privée qui sera lue à des milliers de lycéens
chaque année, parce que... ben... au printemps dernier, le président l'a édicté. Des Circonstances agravantes pour les propriétaires de chiens responsables d'homicides involontaires
et cela, décrété par un chef d'état ému (comment ne pas l'être?) devant la douleur d'une famile endeuillée. Deux exemples parmi tant d'autres pour ce mois
d'octobre riche en décision hâtives et souvent controversées.
Comme si tout se décidait comme ça, sur un coup de tête.
Et le CPE de mon établissement d'expliquer à des élèves préférant la loi du talion, appliquée par les grands frères venus en renfort, qu'il y a un système qu'il faut respecter, une hiérarchie
qui, grâce au temps et aux intermédiaires, sert de tampon et qu'il y a des procédures à suivre.
"Ben oui, mais le président, lui..."
Cure de magnésium.
Et puis ce ****** de Mistral qui souffle à vous rendre dingue.
Une dose de théralène et une de miolastant.
Et que dire du reportage à succès sur l'école: "Un Grand Corps Malade"?
Vendredi soir, début des vacances de Toussaint. Mais on en a jamais assez. Une VHS, une couette et une copine collègue et c'est parti. "Tout le monde en a dit beaucoup de bien, on va bien
voir..."
Là, cette fois, c'était de la colère contre moi-même et mes incohérences. Prête à applaudir des deux mains un discours tronqué, parfois fallacieux, caricatural tant qu'il défend des thèses
auxquelles j'adhère (Michael Moore et son Sicko ont reçu toutes mes faveurs) mais hurlant au scandale, à la machination quand la thèse étayée va à l'encontre de celle que je crois juste.
Les propos de Mérieu et Bentolila détraqués, ceux de Brighelli sous les projecteurs sans qu'aucun contradicteur puisse défendre un autre point de vue. Une vision déconnectée. Une émission
démagogique. Une soirée de plus à serrer les poings et les dents.
Ben finalement, un ou deux lexomil.
Mais même ça, ça n'a pas l'air de calmer.
Heureusement, c'est les vacances! Et puis... plus que six mois de grossesse. Enfin, si on veut être franc... plus que quatre ans et demi avant les éléctions
Théâtre et expo photos
Ce mois-ci dans notre belle capitale, vous aurez l'occasion de vous confronter aux oeuvres de deux artistes pour qui je joue un peu les
mécènes (avec les moyens du bord) et que je vous conseille depuis longtemps sur ce blog, dans les liens "à visiter", en bas à gauche.

Pour ceux qui l'avaient raté pendant le festival d'Avignon, l'enchanteur, le magicien des mots, le vendeur de douceurs, d'étoiles et de
miel Gauthier Fourcade se produit à la Manufacture des Abbesses les jeudi, vendredi et samedi à
19h jusqu'au 3 novembre.
Et il le rencontre enfin, son succès largement mérité, un peu boudé
par les juilletistes de festivaliers. La presse est unanime. A vous d'être enthousiasmés. Allez faire un tour au paradis, vous m'en direz des nouvelles.

Notre autre troubadour n'est pas du même accabit. C'est beaucoup moins tendre, moins pastel mais j'aime son style et son humour parfois
grinçants voire méchants, même. Et puis, il expose dans un bar qui vient d'ouvrir et qui se promet un avenir radieux, tout comme ses aînés (Le Rendez-Vous des Amis, près de Montmartre
et les Caves Populaires, à deux pas de la Place Clichy). Et puis, c'est mon cousin, aussi. Alors, je vous invite à aller y faire un tour:
Pourquoi les gens?
Du 3 au 24 octobre
Aux Pères Populaires, 46 rue de Buzenval, Paris 20°, Métro Buzenval.
Régalez-vous bien...
On ré-ouvre le débat...
Notre dernière Assemblée Générale au MJS a sans doute été l'une des plus enrichissantes depuis mon adhésion. Nous avons discuté le texte
d'orientation proposé par le Bureau National et amendé les parties qui nous posaient problème.
L'un des débats les plus houleux était peut être question de sémantique mais avait à nos yeux une charge idéologique essentielle. Alors,
nous avons bataillé dur, nous avons discuté, raisonné, questionné pendant presque trois quart d'heure... pour perdre lors du vote.
Peu importe, ça nous a, nous, conforté sur notre position et ça a permis à chacun des militants présents (ou au moins à la plupart, à ceux qui ne sont pas là pour voter avec le courant
majoritaire comme certaines tristes victimes du réflexe pavlovien) de construire un débat argumenté. Après tout, c'est ça le rôle d'éducation populaire que s'est assigné le
MJS.
Voici ce que dit le texte d'orientation:
"Trop souvent le combat de l'égalité est considéré comme archaïque. Aujourd'hui, certains à droite
affirment qu'il faudrait se tourner vers l'égalité des chances, c'est à dire se contenter de faire
en sorte que les chances soient égales sur la ligne de départ, peu importe la violence de la compétition pour peu que la fiction du mérite serve à se donner bonne conscience." A cela, le texte
lui préfère le terme "égalité d'autonomie" [...] "qui fait de l'égalité des droits un préalable, de la concrétaisation de ceux-ci un souci permanent, de
l'égalisation des conditions de vie une préoccupation essentielle."
L'égalité des droits résonne dans ma tête comme le grand truc du moment, le "droit opposable" qui, outre le côté symbolique important,
ne résoud en rien les problèmes existants. Et "l'égalisation des conditions de vie" s'apparente, selon moi, à l'égalitarisme, dans son côté naïf ou, pire, dictatorial.
Peut être, comme le disais-je précédement, tout n'est que sémantique, et que le malentendu vient simplement de la définition que chacun
avait des deux notions (puisque au final, nous étions en parfait accord avec la suite du texte, les constats et les propositions) mais il me semblait important de réaffirmer que la notion
d'égalité des chances n'est en aucun cas l'appanage de la droite et que c'est là justement l'un des enjeux du
socialisme...
Je vous laisse lire comment mon Doud a, lui, argumenté sur son
blog et le rejoins complètement sur le sens que John Rawls donne à cette notion qu'on ne peut pas abandonner à l'UMP qui n'essaie en rien de pallier les différences hélas inhérentes à notre
société.
Récemment choqué d’avoir été confronté au cours d’une réunion de jeunes socialistes, à une majorité refusant de placer « l’égalité des chances » comme
axe prioritaire du dogme socialiste, je me permets donc de vous apporter quelques détails sur cette notion.
L’égalité des chances, c’est une exigence qui veut que le statut social des individus d’une génération ne dépende plus des caractéristiques morales,
ethniques, religieuses et sociales des générations précédentes.
C'est cette vision de l'égalité des chances qui constitue l'un des fondements de la théorie de la justice de John Rawls (Philosophe Américain) : « en
supposant qu'il y a une répartition des atouts naturels, ceux qui sont au même niveau de talent et de capacité et qui ont le même désir de les utiliser devraient avoir les mêmes perspectives de
succès, ceci sans tenir compte de leur position initiale dans le système social. » L’égalité des chances n’est donc pas non plus à confondre avec « l’égalitarisme ».
Il ne s'agit pas seulement d'une égalité de droit, garantie par la loi, mais d'une égalité de fait : le système scolaire doit ainsi permettre à un enfant
issu d'une classe défavorisée d'accéder à une carrière adaptée à ses capacités.
J'aimerais donc que ces "cadres" du MJS prennent le temps d'y réfléchir ou de m'expliquer en quoi la notion -d'égalité des chances- est incompatible avec
leur vision du socialisme...
Et vous? Quelle est votre définition du terme "égalité des chances." Doit-il être supplanté par celui d'"égalité des droits?"
Dimanche 16 septembre 2007
Site d'Utilité Publique
Daniel Schneidermann explique en quelques mots devant des militants MJS qui l'avaient invité à co-animer un atelier intitulé "Penser les médias dans la démocratie" lors
de la dernière université d'été à La Rochelle, les raisons de la création du site "arrêt sur images."
Dimanche 9 septembre 2007
La politique et le sport, même combat?
Nous avons fait comme nos 14 million de compatriotes vendredi dernier: l'écran vert, bleu et blanc affichait le petit logo TF1 et nous avons regardé (d'un
oeil distrait, je vous le concède) les trente rugbymen s'entrechoquer pendant quatre-vingt minutes, se demandant comment les résultats influeraient sur le moral des Français, donc (on nous
l'annonce comme une évidence) sur la croissance du pays et donc (tout se tient) sur la côte de popularité de notre président.
Il est 22h30. Le score est définitif. Le XV de France s'incline face à l'Argentine, 12 à 17.
Dimanche matin. Télérugby sur TF1. Des images inédites sont diffusées, deux jours seulement après le match. Grâce à Bernard Laporte, on saura tout, on les verra, tout le temps, partout, nos héros
qui tiennent entre leurs mains une rentrée politique prospère. On a fouttu des caméras jusque dans les vestiaires et les Français pourront, peut être jusqu'à l'overdose, suivre les joueurs durant
toute la période de la coupe du monde. Ca nous change de Aymée Jaquet en 1998. C'était rude, à l'époque car ce ringard mettait tout en oeuvre pour protéger notre grande équipe de football de la
surexposition médiatique. L'imbécile. Clairefontaine ressemblait à une forteresse imprenable, au bureau du grand-père dont la porte d'entrée est fermée à double-tour, enserrant ses secrets. Il
nous a privé de vives émotions, ce vieux conservateur, et il nous a empêché de vivre pleinement la coupe du monde. Là au moins, on est vernis!
Remarque... ils ont fini par gagner, nos bleus.
Alors peut être que finalement, ça joue ça. Et peut être qu'il est temps, pour Bernard Laporte, de tirer quelques leçons. Revoir ses fréquentations qui lui donnent sans doute de mauvais conseils.
Car si en politique (on peut le déplorer mais force est de le constater), l'omniprésence médiatique et l'image ubiquiste influent directement sur le choix des électeurs ou sur leurs perceptions,
le sport a encore cet atout: le champion du monde ne sera pas désigné par les spectateurs et la simple sur-exposition ne suffira pas à faire du XV de France la meilleure équipe au monde.
La loi du terrain est parfois plus exigeante que celle du suffrage universel. (C'est navrant de faire ce constat, non?)
Résistance...
Lettre diffusée par
asi / Daniel Schneidermann
Vous trouverez la lettre en commentaire n°1.
Pérégrinations italiennes, étoiles filantes et états d'âmes...
Nous partons demain pour l'Italie, comme des routards et surtout à l'arrache. C'est le vent qui nous portera et nous déambulerons le long de la côte
méditerranéenne jusqu'en Toscane au gré de nos humeurs, en espérant que la chance nous sourie et que les chambres d'hôtes, les auberges de jeunesse ou les hôtels ne soient pas pris d'assaut par
des touristes mieux organisés que nous.
Le Speakers' Corner est donc abandonné, jusqu'au 11 aôut. Peut-être aurai-je ensuite l'envie de partager ou de conseiller mon carnet de voyage. En tous cas,
j'en ai pas fini avec le festival d'Avignon (je n'ai pas encore fait mon deuil - je vous avais dit que ça prenait des mois) et ai sous le coude un ou deux articles que je posterai à mon
retour.
Hier soir, j'ai vu une étoile filante. En fait non, c'était une boule de feu qui traînait derrière elle un ruban doré. J'ai donc fait un voeu. Et
celle-ci était tellement belle, tellement évidente que j'ai presque envie de croire qu'il va se réaliser.
Ca m'a rappelé qu'en dépit de l'esprit carthésien dont mon mari essaie de m'imprégner depuis une dizaine d'année, je reste supersticieuse. Du coup, je crois
qu'en rentrant, je vais m'exécuter et taguer cinq personnes. Maudit sois-tu Lionel! Sais-tu seulement que quand j'étais môme, j'avais passé une nuit blanche, redoutant la malédiction,
car l'échéance des cinq jours avait fini par s'imposer sans que je n'ai eu le temps de recopier la lettre de chaîne dix fois et de les envoyer.
C'était peut être ça, mon infortune. Etre taguée quinze ans plus tard et vivre à nouveau, mine de rien, avec les dents qui grincent, l'esomac acide... et
paradoxalement cette furieuse envie de resister et de dénoncer l'esbrouffe, mais sans avoir la lucidité et la confiance suffisante pour le faire.
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